C’était un 1er Mai 2013 : une minuscule « vie » s’envolait …

(Et avec, notre rêve de devenir « parents » …) 

Après avoir lu récemment plusieurs témoignages poignants à ce sujet sur la blogosphère parentale, je souhaite à mon tour parler de ce « traumatisme » que l’on nomme couramment une « fausse couche » … et que nous avons malheureusement connu en ce 1er Mai 2013 !

On a beau nous dire en début de grossesse que c’est très courant (presque « banal » selon certains médecins / gynécos peu délicats) que l’on pense toujours – ou du moins, on essaie de s’en convaincre très fort … – que cela n’arrive qu’aux autres !

A quelques jours de cette douloureuse « date-anniversaire », il était temps pour moi de me livrer sur tout ce que j’ai ressenti : cette injustice supplémentaire, la peur de ne jamais pouvoir devenir maman, le « traumatisme » de devoir affronter cela seule (ou presque …)

27 ans plus tôt, mes parents avaient eu des difficultés à m’avoir … Inconsciemment depuis mon enfance / adolescence, je me demandais si moi aussi j’arriverai à avoir un – des … – enfants !

Mais l’histoire de mes parents est belle et j’aime la raconter : elle est source d’espoir et je suis un peu le fruit d’un « miracle », j’aurai pu ne jamais voir le jour.

Mes parents se sont mariés à l’âge de 24 ans. Ils souhaitaient bien sûr fonder rapidement une famille – comme leurs amis – mais la vie en a décidé autrement ! Les années passaient et ils s’étaient résignés à ne pas avoir d’enfant.

Ma grand-mère disait à ma mère en rigolant qu’elle trouvait qu’elle avait pris un peu de « ventre » et elle se sentait un peu plus essoufflée lorsqu’elle faisait du sport. Mais lors d’un banal contrôle chez son gynécologue, ma mère apprit qu’elle était enceinte … de 6 mois, à 45 ans !

J’imagine la joie qu’ils ont du éprouver, le bonheur qu’ils ont encore à raconter cette merveilleuse « histoire » et j’avoue que je ne peux m’empêcher de verser ma larme à chaque fois que je les entends en parler.

Un blocage psychologique avait-il pu jouer un rôle dans tout cela ? C’était la cause la plus « plausible » et je l’ai toujours gardé en mémoire. Peut-être cela a-t-il pu jouer également dans ma propre histoire ?

Avril 2013 : J’apprenais, après un an d’essai et le début d’un bilan médical, que j’étais enceinte ! Ce fameux test de grossesse qui virait enfin au « + », c’était inespéré et tellement attendu …  Nous étions aux anges ! ! !

Quelques semaines plus tard, rendez-vous pris avec ma gynéco de l’époque pour une échographie de datation précoce (vers 6-7 semaines d’aménorrhée) : son comportement n’était pas très rassurant et ses paroles encore moins : « Aucune activité cardiaque ».

Elle poursuivit en nous disant que cela pouvait signifier que la date de début de grossesse n’était pas exacte et de se revoir pour un contrôle qui n’aura jamais eu lieu tant je l’avais trouvé si indélicate, sans aucun signe d’empathie alors qu’elle connaissait notre « parcours » (et la suite de l’histoire …) !

Quelques jours plus tard, ce Mercredi 1er Mai 2013 …

Nous nous baladions au bord d’une rivière avec Chéri et je me sentais un peu « patraque », fatiguée … Je repensais aux paroles peu rassurantes de la gynéco, à ces clichés d’échographie et ces annotations ; lui me disait que je m’inquiétais trop – comme trop souvent, il est vrai.

Le soir vers 21 h, de légères traces de sang lors d’un banal « pipi » me font paniquer et me décident à aller consulter ! Chéri m’encourage à ne pas aller aux Urgences (tu te fais encore des films …) mais je suis mon « intuition » quand même et je pars seule en voiture (l’hôpital n’est pas loin) : il FAUT que je sache ce qu’il en est, je me projetais déjà tant dans cette grossesse !

Arrivée aux Urgences Gynéco, j’explique brièvement la « situation » et j’entends la sage-femme de garde parler de mon dossier avec une collègue interne : le terme de « fausse couche spontané » est évoqué ; je tremble comme une feuille dans la salle d’attente. Y avoir pensé, c’est une chose mais l’entendre dire en est une autre bien plus traumatisante !

On ne m’a pas fait attendre très longtemps : j’ai vite été dirigé dans une des salles avec une interne gynéco. Examens de « routine » (analyse d’urines, prise de sang) et bien sûr, la tant redoutée échographie (à ce stade peu avancé, avec sonde vaginale).

Le diagnostic confirma malheureusement l’absence d’évolutivité et d’une quelconque activité cardiaque, ce qui pour le stade, était annonciateurs d’une fausse couche spontané … Cette « foutue » (et si légendaire !) intuition féminine ne m’avait pas trahie : c’était la fin d’un « doux rêve » : celui de devenir maman à mon tour.

J’ai fondu en larmes, j’étais seule à l’hôpital pour affronter cela et je ne sais pas comment j’ai fait pour arriver à conduire pour revenir chez nous. J’ai même voulu avoir un accident, très fort – me foutre en l’air carrément, n’ayons pas peur des mots – mais je n’en ai pas eu le courage !

Quand je suis arrivée chez nous, Chéri m’attendait et m’a accueilli en sanglots : je lui ai juste dit « C’est fini ! ». Il m’a pris dans ses bras et j’ai compris que lui aussi était très affecté, même s’il ne montre pas ses émotions comme moi. Il a aussi beaucoup culpabilisé de ne pas être venu avec moi ce soir-là, de ne pas avoir été présent …

Je suis allée pleurer toutes les larmes de mon corps au fond du lit et j’ai « essayé » de dormir un peu car le lendemain matin, il fallait que j’aille travailler : je n’avais pas accepté l’arrêt de travail des Urgences car ma collègue était en vacances et il fallait que « j’assume » seule cette fin de semaine.

La fausse couche n’étant pas vraiment « déclarée »,  il avait été décidé lors de mon passage aux Urgences que je prenne le fameux CYTOTEC le samedi, médicament pour « provoquer » l’expulsion de cette ébauche de vie car il fallait essayer de « tenir le coup au travail » et l’on m’avait mise en garde des saignements que cela pouvait provoquer.

Je n’avais bien sûr pas le cœur à travailler, je continuais de pleurer et les personnes présentes ne comprenaient pas pourquoi. Ce jour-là, il n’y avait qu’un seul de mes « patrons », celui dont j’étais le plus proche : une chance ! Je n’ai pas pu lui en parler ce jour-là mais lui ai avoué quelques jours plus tard et me suis « excusée » pour cette journée difficile.

Ce samedi matin là, c’est donc Chéri qui m’a apporté ce cachet accompagné d’un verre d’eau au lit : une journée que je n’oublierai JAMAIS ! J’avais peur de devoir affronter tout cela seule chez moi, de devoir retourner aux Urgences pour une hémorragie plus importante que prévue,  de se dire que c’était vraiment fini et que l’on doit affronter ça chez nous et le pire en fin de journée fut de sentir et de VOIR cette minuscule « poche » s’expulser lors d’un passage aux toilettes …

J’avais un contrôle échographique programmé aux Urgences une semaine après, afin de s’assurer que « tout » était bien parti et éviter ainsi un curetage sous anesthésie : cette fois-ci, Chéri m’y a accompagné et heureusement, les nouvelles étaient bonnes – si l’on peut dire ! Un traumatisme de moins, c’était toujours ça.

Et les mois se sont succédés et se ressemblaient …

Je me nourrissais de l’espoir (oui l’espoir m’a fait vivre et tenir le coup …) qu’après une fausse couche, les « chances » de retomber enceinte rapidement sont un peu plus élevées. Nous avons donc décidé de réessayer rapidement après le retour de couches.

Mais les mois passaient et se ressemblaient : de « faux espoirs » dès que j’avais quelques jours de retard, des tests de grossesse gâchés et des larmes essuyées : quand allions-nous ENFIN connaître ce bonheur que beaucoup de couples dans notre entourage / famille connaissaient et que j’enviais maladivement ? Il fallait simplement être patients !

J’ai pris cela comme un « signe du destin », une ironie du sort : neuf mois après cette fausse couche (donc le mois où l’on aurait du avoir ce bonheur dans nos bras …), la vie nous redonnait de l’espoir : après quelques jours de retard, ce test de grossesse m’indiquait le mot magique « ENCEINTE ».

Cette minuscule vie que je n’oublierai jamais …

Les années ont passé : 4 ans que ces moments douloureux font parti de mon (notre) histoire mais JAMAIS je ne pourrai oublier / t’oublier ! Le « dossier médical » nous le rappelle à chaque nouvelle étape de la vie : cette grossesse, aussi courte fut-elle, a compté et a été importante pour moi, au même titre que les deux autres qui sont allées jusqu’au « terme » !

Chaque 1er Mai a été particulier depuis ce « traumatisme », d’ailleurs nous partons depuis chaque année en « week-end » – non pas pour (t’)oublier mais pour ne pas être dans cet appartement qui nous rappelle TOUT de cet événement que nous avions vécu SEULS …

A ce premier triste « anniversaire », j’étais enceinte de quelques mois de P’tit Bout.         Nous étions partis en week-end en amoureux, je culpabilisais de m’être baignée dans cette piscine où l’eau était très froide (une « envie » de grossesse ?). Cette nuit-là, je m’étais réveillée en sursaut. J’avais bondi aux toilettes pour vérifier que je ne saignais pas, que tout allait bien …

à … TOI, petite vie envolée

Quelques semaines seulement au creux de moi et tu faisais déjà parti(e) de ma vie. Je me sentais si « épanouie », rayonnante. J’imaginais que tu allais me faire devenir « maman ».

Aurais-tu été un p’tit mec ou une princesse ? Nous ne le saurons malheureusement jamais …

4 ans que tu as décidé de « t’envoler » et toujours la même émotion qui me submerge en reparlant de TOI, les mêmes larmes qui coulent sur mes joues en évoquant ton souvenir, ce que tu aurais pu être : notre premier enfant / le premier petit enfant de tes grands-parents qui t’espéraient tant aussi !

Aujourd’hui, tu as un frère et une sœur mais dans notre (mon) cœur, tu as toujours TA place et je ne t’effacerai JA-MAIS !

Tu es celui (ou celle …) qui m’a fait connaître la joie d’être enceinte : cet état de grossesse que j’ai tant apprécié, même si l’issue n’a pas été celle espérée …

J’espère que tu reposes en paix mon petit ange !

 Enormes pensées à toutes les mamans  …

Que ce soit récent ou plus ancien, le « traumatisme » reste présent et je pense que l’on ne peut jamais vraiment oublier ces émotions, cette douleur.

Que la fausse couche survienne de façon précoce ou plus tardivement (interruption médicale de grossesse), nous sommes toutes des « mam ‘anges » qui ne vous oublieront JAMAIS …

Et n’hésitons pas à en parler !

Pour « conclure » ce témoignage d’une partie de ma vie de future maman que je voulais être, je pense qu’il est important de parler de ce qu’est la fausse couche car PEU de personne EN PARLENT alors que BEAUCOUP d’entre nous LA VIVENT !

Il y a 4 ans, j’avais fait le « choix » de ne pas en parler à ma famille – pas même à mes parents … – pour protéger ma mère : elle était fragile et dépressive, j’ai voulu la protéger ! Lui avoir fait connaître le bonheur de devenir grand-mère est bien sûr la chose qu’elle espérait plus que tout et ils sont merveilleux dans leur rôle de grands-parents. Je lui ai avoué ce « traumatisme » alors que j’étais enceinte de P’tit Bout …

Aujourd’hui, je pense que je serai assez « forte » pour en parler ouvertement si le sujet venait à se présenter, si une personne proche devait vivre ce « deuil » à son tour !

Et surtout, on ne peut que se faire accompagner grâce à une psychothérapie ou une thérapie brève (EMDR ou hypnose par exemple) pour essayer de surmonter cette épreuve au mieux (pour soi-même et pour son couple …)

N’hésitez pas à me laisser vos commentaires et à réagir : à travers d’autres récits / témoignages sur la blogosphère, nous nous apercevons que nous sommes beaucoup à avoir traversé cette épreuve ; une force pour s’entraider / partager et surtout,   NE PAS OUBLIER CES PETITES VIES ENVOLEES !

Je vais revenir partager avec vous sur ce blog : entre un projet immobilier et le début d’une formation pour me lancer dans une activité indépendante passionnante, j’étais bien occupée mais promis, je ne vous ai pas oublié ! 😉

A très vite de se (re)lire sur la blogosphère.

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5 réflexions au sujet de « C’était un 1er Mai 2013 : une minuscule « vie » s’envolait … »

  1. Toutes mes pensées… le temps apaise mais n’efface pas. Cette petite vie, bien que courte, a existé. Et même durant ces quelques jours, ton tout-petit a été aimé. Et cela rien ne le changera.
    Je ne veux pas être maladroite, ni surtout raviver ta peine, mais je suis persuadée que ton petit ange t’attends au ciel et veille sur toi, et sa famille.

    Des bisous

    Aimé par 1 personne

    1. C’était important pour moi de l’écrire car tu as raison : on n’oublie JAMAIS ces minuscules vies qui étaient pourtant déjà si importantes à nos yeux et dans nos cœurs … Je me demande souvent COMMENT il (elle) aurait été, comment la vie aurait été sans P’tit Bout ou Mini Miss, avec ce p’tit frère ou p’tite sœur qui aurait été le (la) premier(e).

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      1. Oui j’ai toujours pensé qu’écrire aidait énormément …, d’où ce blog ! Ces petites étoiles veillent sur nous là-haut, j’en suis certaine et nous, on ne peut s’empêcher de se demander quelle aurait été notre vie avec eux/elles : meilleure que celle que l’on a ?

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