« Si l’on m’avait dit que la maternité allait tant changer ma vie … »

… Je n’y aurais sûrement pas cru

(ou n’aurais pas voulu y croire plutôt ? ! ?) 

 

C’est avec cet article très personnel que j’ai envie (et surtout besoin …) de commencer à écrire ce blog. J’ai toujours aimé écrire : cela m’a toujours « aidé » et libéré et depuis quelques mois (allez savoir pourquoi …), je me suis mise à lire des blogs de mamans qui parlaient de parentalité et de toute autre chose.

Bien sûr, tout le monde répète que « devenir parents, ça change la vie ». Cette remarque m’a toujours d’ailleurs agacé car je pars du principe qu’en désirant avoir un enfant et donc vouloir devenir parents, on est conscient que cela change la vie (dans le bon sens du terme bien sûr 🙂 et que cela apporte beaucoup de bonheur mais aussi un nouveau rythme de vie (avec les réveils nocturnes notamment …) et bien sûr, cela n’est pas toujours évident à gérer !

Bizarrement, ce n’est pas tant tous ces changements qui m’ont le plus « perturbé » (sûrement à cause du fait que le désir d’être maman était présent depuis bien longtemps en moi mais que la vie nous aura « fait languir » avant de pouvoir connaître ce bonheur et traversé quelques étapes difficiles dont on se serait bien passé …), c’est plutôt le retour à une vie active professionnellement qui m’a valu de nombreuses déconvenues !

Mon travail, je l’aimais et m’y sentais bien depuis 4 ans : alors quand au bout de 3 ans et demi de loyaux services je leur ai annoncé ma grossesse, cela s’était plutôt bien passé mais quelques semaines plus tard, un événement venait tout chambouler dans ma « petite routine » : un arrêt maladie brutal de ma collègue et quelques semaines après, sa démission sans réelle explication m’avait à l’époque « blessé ».

Il y avait donc eu beaucoup de changements avant que je puisse « m’éclipser » en congé maternité : travailler   45 à 50 heures par semaine en étant enceinte de 3 mois, ce n’était déjà pas « normal » (ni légal d’ailleurs …)  ET avoir du former deux personnes n’avait pas été une sinécure non plus (imaginez les hormones de la grossesse + la fatigue et des facilités plus ou moins évidentes de mémorisation / prises de notes, sans compter perdre du temps à vérifier leur travail ou réparer les « erreurs ») : bref, j’avais du tirer ma révérence à 5 mois et demi de grossesse mais revenais régulièrement et restais joignable !

J’avais décidé de reprendre le travail aux 4 mois de mon p’tit bout (donc sans abuser …) : nous avions déniché une « perle rare » en assistante maternelle, je n’avais pas de soucis de ce côté-là MAIS j’avais fait un choix personnel : celui de continuer l’allaitement maternel exclusif (ce qui signifiait donc de tirer mon lait une fois par jour au travail …), ce qui n’a pas arrangé mon « retour » au travail !

Là n’est pas le sujet de ce premier « billet » et je m’attarderai plus longuement dans un sujet « Allaitement » d’ici peu pour mieux parler de mon « ressenti » vis-à-vis des autres : que ce soit de l’allaitement en « public » ou de l’allaitement lors de la reprise du travail …car là aussi malheureusement, beaucoup de travail reste         à faire !  

Mais revenons-en à nos moutons …

Bien avant mon retour effectif au travail, j’y passais encore régulièrement pour présenter p’tit bout et prendre des nouvelles et mes responsables avaient clairement appuyé sur le fait qu’une des deux ne convenait pas, que ce soit au niveau relationnel avec les responsables qu’au niveau des compétences.

Ce à quoi je ne m’attendais pas vraiment, c’est que plusieurs semaines après ma reprise du travail (même quasiment un mois), ces personnes se faisaient un malin plaisir à « appuyer » dessus chaque jour au moment de la « pause déjeuner » !

Inévitablement, cela m’a conduit à m’en éloigner et à manger seule pour m’en protéger et évitais ces reproches, moi qui redoublais d’efforts pour me remettre rapidement à fond dans MON travail et rattraper le retard / les erreurs accumulées …

La nouvelle « embauchée » ne boudait pas son plaisir elle non plus : elle avait bien réussi à s’imposer pendant mon absence et à « copiner » avec les patrons ; chose qu’en personne discrète et professionnelle, je n’ai jamais pu concevoir (aussi sympathiques étaient-ils, avant …) mais il faut dire qu’elle avait des atouts de taille :     la jeunesse et son physique !

Pour certaines personnes (dont plusieurs de ces ex-patrons faisaient parti …), j’ai malheureusement compris qu’il était plus intéressant pour eux d’avoir à leurs côtés une gamine sans expérience qu’une personne sérieuse qui savait écrire (et conjuguer) correctement en français !

Quant à moi, j’étais devenue comme « invisible », inintéressante : on ne me demandait jamais de nouvelles de mon p’tit bout et ce n’était pas mon genre de m’extasier de ses progrès à des personnes qui n’étaient pas « concernées » par mes nouvelles préoccupations de « jeune maman ».

J’avoue aisément que ces comportements m’ont profondément déçu venant de ces personnes que j’appréciais en tant qu’humains ET professionnels depuis toutes ces années à leurs côtés …

Après plusieurs mois à « avoir encaisser en silence » ces nombreuses inégalités et un épuisement qui commençait à se faire sentir, j’ai essayé d’en parler avec le « responsable du personnel » (qui n’en avait que faire et n’avait ni le temps ni l’envie de gérer cette « fonction supplémentaire » d’ailleurs …) : j’avais attendu pour lui faire part des différences dans la répartition des tâches depuis mon retour, alors que nous étions censées être sur un même « piédestal » et de certains retours que j’avais de la part de « clients » (mais surprise : ce responsable m’a avoué qu’il en avait eu lui aussi ! et cela prouvait bien qu’il(s) n’en avait(aient) que faire).

Injustice supplémentaire : la répartition des congés annuels (et jours de récupération) ! Mes nouvelles responsabilités de « jeune maman » et la gestion des congés de notre assistante maternelle nécessitaient quelques « ajustements », notamment l’été puisque comme toujours, LA période souhaitée était la même pour cette chère nouvelle collègue et moi-même !

Mon ancienneté et mes nouvelles contraintes familiales, mes responsables n’en avaient bien sûr pas tenu compte et ont préféré privilégié leur petite « protégée », ce qui nous a coûté 600 € de frais de garde supplémentaires pendant l’absence de notre nounou …

Au fil des mois, l’ambiance au travail s’était nettement dégradée. J’ouvrais moi-même les yeux sur ces « personnes fausses » qui me tournaient le dos et que cette situation les a d’ailleurs tous (et toutes) beaucoup amusé, pendant que moi je m’enfonçais un peu plus de jour en jour … en m’appliquant malgré tout à faire mon travail correctement, comme je l’avais toujours fait auparavant et que j’aimais toujours malgré tout le reste qui me dégoûtait et m’empoisonnait ; c’est d’ailleurs à ça que je « m’accrochais » pour tenir et me lever le matin : ce lien social avec les clients mais plus celui avec mes supérieurs / collègue(s) !

La nouvelle « recrue » n’avait aucun sens du partage d’informations et se la jouait « perso » mais les supérieurs faisaient comme s’ils n’y voyaient que du feu (car ils le savaient mais n’en ont pas tenu compte et ont préféré me laisser / me pousser à partir …).

Alors malgré les avis médicaux et les propositions d’arrêts de travail par mon médecin généraliste que j’avais refusé (car je savais au fond de moi que ce n’était pas la solution et que si j’en partais, je ne pourrais plus y retourner !), j’ai résisté plus que ce que je ne l’aurai du …

Mais comment se résoudre à quitter un travail que j’aimais et que j’avais toujours fait avec conscience professionnelle et dévouement ? Comment accepter que ses « patrons » puissent préférer la médiocrité et la jeunesse / le physique, au dépens du sérieux et de l’expérience professionnelle ?

Pourtant en cette fin d’été 2015, j’étais obligée de m’y résoudre : avant qu’il ne soit trop tard pour moi et surtout pour mon bébé – qui du haut de ses 10 mois, n’avait pas le droit de supporter tout cela et dont je n’arrivais plus à m’occuper sans m’énerver alors que le problème était bien CE travail et toute la colère que j’avais accumulé « en silence » depuis des mois …

Quand ma psychologue a posé le terme de « burn out », cela m’avait mis un grand coup au moral (alors que j’en parlais moi-même en « rigolant » depuis des mois avec mon compagnon et que je me renseignais beaucoup sur le sujet) : l’entendre se le faire dire par des professionnels, c’était autre chose !

D’ailleurs, je me permets (et en profite …) pour faire un petit rappel sur ce terme que tout le monde « entend » régulièrement dans les médias mais qu’au final, ne connaissent peut-être pas vraiment !

 

Le burn out est défini comme « un syndrome d’épuisement professionnel, un état dépressif lié au monde professionnel » et se déclenche suite à une exposition constante et prolongée au stress au travail.  

Les personnes à risques sont notamment celles qui s’investissent beaucoup dans leur travail et les causes du burn-out sont variées : journées de travail longues, surcharge de travail, pression des délais, travail monotone…

Le burn-out entraîne des symptômes comportementaux tels l’irritabilité, la perte d’énergie, la colère, l’incapacité à faire face aux tensions. On note un manque d’attention, l’insomnie, l’impatience et le manque de motivation.

Au niveau psychologique, cela peut entraîner une perte d’estime de soi, un état de tristesse et de l’anxiété ».

Si je décide d’en parler aujourd’hui, c’est parce que j’aurai aimé avoir des témoignages sur le fait que notre retour de congé maternité ne se passe pas toujours aussi bien que ce que l’on pouvait se l’imaginer et l’espérer, que notre nouveau rôle de « jeune maman » n’est pas toujours bien perçu (par rapport à des personnes sans contrainte familiale ou sans attache qui pouvaient rester bien plus longtemps le soir notamment …).

J’étais bien naïve de croire que l’on ne pouvait pas être « obligée » de perdre son travail si l’on s’appliquait à le faire sérieusement mais le monde du travail a bien changé et n’est plus ce qu’il devrait être … et cette chute a été très rude !

Le comportement de beaucoup de personnes m’a bien sûr profondément déçu et j’ai perdu toute confiance en mon travail et en ces patrons qui sont soi-disant nos « responsables ».

Après plusieurs mois de remise en question et de doutes sur mon avenir professionnel, je ne peux envisager qu’une seule solution : devenir mon « propre chef » et me donner les moyens de réussir par moi-même pour au final, passer ENFIN à autre chose et en sortir réconciliée avec cet épisode compliqué …

 

Edito Avril 2016 :

J’avais écrit ce « brouillon » en fin d’année 2015 alors que j’étais en phase de reconstruction et un projet professionnel qui me sortait la tête de l’eau : je croyais être sortie de cet épisode douloureux de ma vie …

Après quelques mois de « tâtonnement professionnel » (et un CDD de 3 mois début 2016 dans mon domaine où je me suis réellement aperçue que je ne pourrais plus faire ce métier …) et sans compter d’autres entretiens foirés (et foireux ?), je ne sais plus (de nouveau) où j’en suis !

Devoir m’expliquer sur ces derniers mois est TOUJOURS très douloureux (et le restera sûrement encore longtemps … ou même toujours ?). Les larmes ne sont jamais très loin et une « haine » finit par m’envahir si l’on me reparle de cet endroit.

Se faire quasiment traiter de « fainéante » par des personnes plus ou moins proches qui pensent que l’on a quitté son travail par « pur plaisir », ça reste forcément insupportable !

Le regret que j’ai ? Celui de ne pas l’avoir signalé en Médecine Préventive comme plusieurs professionnels de santé me l’avaient suggéré, ce qui aurait pu être un « minimum » reconnu (même si en France, le « burn out » n’est toujours pas officiellement considéré, comme cela l’est déjà dans d’autres pays …) et m’aurait sans doute aidé à me sentir moins « honteuse » et coupable d’avoir du quitter ce travail mais il y a quelques mois, je m’en sentais bien incapable !

 

Edito Juin 2016 :

Après plusieurs semaines où je me sentais clairement « perdre pied » et me laissais envahir par des pensées dépressives, j’ai pu « vider mon sac » chez ma psychothérapeute qui m’a, comme toujours, aidé à mettre des pensées claires et simples sur tout ce que j’avais traversé ces derniers mois, notamment le fait que je me « punissais » d’avoir perdu ce travail (ce qui est vrai bien sûr ;-( mais que pour avancer, il ne fallait plus se retourner et regarder en arrière …

Alors en route vers une nouvelle vie ?

Dans quelques semaines, devenir maman pour la deuxième fois m’y aidera sûrement et ironie du sort : ma date prévue d’accouchement tombe le jour où j’avais du m’éclipser de ce travail !

Nul doute que cette « date-anniversaire » ne s’effacera pas comme ça et que j’y penserai forcément le Jour J mais je crois que ce bonheur à venir m’aidera aussi à m’en sortir (définitivement ? 🙂

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